Susan Wilks

Obstinément figurative !

La plus française des artistes anglaises ! Susan Wilks sillonne le Périgord vert depuis une vingtaine d’années. Ici, elle anime un atelier de dessins, là elle expose ses toiles, plus loin elle installe ses poteries décorées de chats, de mouches, de visages et de corps dansants ! Grâce à une formation reçue aux Beaux Arts à Londres doublée d’études de photographie au Royal College of Art, Susan a toutes les cartes en main pour raconter des histoires !

Figurative, of course !

Elle exerça l’art de la photographie durant sa vie professionnelle anglaise travaillant pour des maisons d’édition ou des magazines. Pas de reportage ni de quête du scoop de l’année, toujours à assembler des décors ou se glissaient des personnages, toujours à imaginer une scène, une fiction ou une illustration. Puis Susan commença à peindre ses photos. Période intermédiaire qui la conduisit à définitivement abandonner le négatif pour le pinceau, le révélateur pour l’huile. En Dordogne, Susan est artiste peintre mais au fond d’elle même, elle sait bien que son expérience est bien plus riche. Elle a même appris la gravure... dans une autre vie ! Si son parcours montre qu’elle peut parfois délaisser un mode d’expression pour un autre, il est un « paramètre » qui ne saurait être remis en question : le figuratif ! Susan Wilks est figurative, comment pourrait-il en être autrement ? Elle reconnaît qu’elle peut, éventuellement, être touchée par une toile abstraite, why not ? Mais cela est si rare ! Quant à se livrer, elle même, à quelques tentatives abstraites... n’y pensons pas ! 

Fidèle à l’infidélité...

Ce qui la pousse chaque matin à se retrouver face à face avec une toile est le désir, le plaisir, parfois douloureux, de créer d’autres mondes et d’inventer des personnages. Nostalgiques, effrayants, facétieux, mélancoliques les êtres sortis du plus profond d’elle-même sont fidèles à leurs modèles ou plutôt non ils sont infidèles... qu’importe ! Ils sont. Mais pour élaborer ces atmosphères qui font que ses tableaux sont reconnaissables entre mille la technique ne suffit pas ! Il faut nourrir l’imaginaire. Et pour cela tout est source, tout est terreau, tout est prétexte : un petit bout de vie personnelle, un paysage lumineux aperçu entre Quinsac et Brantôme ou sur l’île de Wight, le souvenir d’une toile exposée au British Museum à Londres, une envoutante description signée Maupassant ou Colette...

Maupassant ou Colette mais encore Dumas, Camus, Sartre, de Beauvoir ont enrichi sa vie de franglaise. Elle dont l’arrière grand-père, belge et écrivain, est connu pour l’édition de sa correspondance avec André Gide ! Vraiment Susan est singulière. Obstinément figurative et singulière elle est bien la plus française des artistes anglaises mais pas que cela...